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Combien mettre de côté pour l'URSSAF quand on est auto-entrepreneur
Le chiffre que tout le monde répète (« mets 20 à 25 % de côté ») ne vaut rien tant que tu ne sais pas dans quelle case tu es.
Je l'ai appris à mes dépens au lancement de La Boîte à Prompts. J'avais retenu un taux entendu « pour les auto-entrepreneurs » en général, sans vérifier qu'il correspondait à ma propre activité, de la prestation de service. Pas loin, mais pas assez. Ma première déclaration trimestrielle m'a coûté plus cher que prévu, et j'ai dû repiocher dans ma trésorerie perso pour boucler le mois.
Ce n'est pas un détail. C'est l'erreur n°1 que je vois revenir, dans les messages que je reçois sur Threads comme dans les commentaires sous mes posts : les gens provisionnent un pourcentage rond, entendu une fois, sans recouper avec leur vraie catégorie.
Les taux par activité en 2026
Les taux URSSAF dépendent de ce que tu vends, pas d'une moyenne générale :
- Vente de marchandises, restauration, hébergement : 12,3 %
- Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 21,2 %
- Professions libérales réglementées (CIPAV) : 23,2 %
- Autres prestations de services et professions libérales (BNC hors CIPAV) : 25,6 %. C'est le taux qui a le plus bougé ces dernières années : il était de 24,6 % en 2025. Si tu es dans cette case, vérifie le taux du moment directement sur autoentrepreneur.urssaf.fr avant de figer ta provision : ce n'est pas le genre de chiffre à garder en mémoire d'une année sur l'autre.
Le détail, avec un exemple chiffré pour chaque activité, est dans mon guide des taux de cotisations URSSAF 2026.
À ça s'ajoute un détail que presque personne ne provisionne : la contribution à la formation professionnelle (CFP). Elle fait 0,1 % en vente, 0,1 % (commerçants) à 0,3 % (artisans) en services BIC, et 0,2 % en BNC et CIPAV. Minuscule, mais c'est elle qui t'ouvre des droits à la formation, et c'est systématiquement le pourcentage qui manque dans les calculs faits « à la main » sur un coin de tableur.
Deux exemples que j'ai vus passer
Une abonnée, en prestation intellectuelle, avait calé sa provision sur l'ancien taux BNC. Quand le taux est passé de 24,6 % à 25,6 % au 1er janvier, elle a continué avec l'ancien chiffre et s'est retrouvée avec un trou, soit l'équivalent d'un mois entier de marge personnelle qui s'est évaporé sans prévenir.
Un artisan qui fait un peu de vente et un peu de prestation appliquait le même taux aux deux parts de son activité, parce qu'il ne savait pas qu'il fallait ventiler. Il a sur-cotisé sur une partie de son chiffre d'affaires pendant presque un an avant de s'en rendre compte.
Dans les deux cas, le problème n'était pas la paresse. C'était juste un chiffre mal calé au départ, jamais revérifié.
Ce que je dis à chaque fois
Deux phrases que je répète sans arrêt : mets de côté à l'encaissement, pas en fin de mois (sinon l'argent a déjà une autre vie), et ton taux dépend de ton activité, pas de ce que te dit ton pote auto-entrepreneur qui fait un métier différent du tien.
C'est exactement pour ça que j'ai construit la jauge URSSAF dans le Carnet de compta de cette façon : elle recalcule le montant à mettre de côté à chaque encaissement, avec la bonne case d'activité, pour ne plus avoir à retenir un chiffre qui finit toujours par bouger. Tu peux la tester sans rien installer dans la démo gratuite, ou l'avoir dans la poche avec l'appli Android sur Google Play.
